*** A "méditer", peut-être...***

"Je rentrerai dans la vieillesse quand j'aurai cessé de m'indigner"


#André Gide#
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# Posté le mercredi 31 mai 2006 13:26

*** Un autre témoignage... ***

Parce que j'ai un fils autiste, c'est-à-dire handicapé mental gravement dépendant d'autrui, je vais vous parler un peu de moi. Je suis sa mère et la mère de son autre frère (pas handicapé, lui), et son tuteur et sa tierce-personne.
Ca fait beaucoup, et à la fois, c'est le lot de pas mal de gens. Mais j'ai envie de vous parler plus précisemment de la tierce-personne.
La tierce-personne, c'est la personne qui l'assiste dans tous les gestes de son quotidien pour qu'il ne se mette pas en danger ou mette en danger quelqu'un d'autre.
Lui, mon fils, il est autiste et vit dans un foyer d'accueil médicalisé parce qu'il ne peut pas vivre tout seul autonome.

Dans son foyer, le personnel doit être qualifié, en nombre suffisant pour jouer ce rôle que je joue lors de ses retours à la maison.
Il vient en général, les week-ends et ces temps-là, lui sont consacrés. Il est au centre de ces moments-là, je veux dire que nous ne pouvons pas faire comme d'habitude.
Il vient en taxi (le chauffeur est, dans ce cas, la tierce-personne) et je me dois d'être présente à son arrivée.
C'est moi, qui le ramène à son foyer à la fin de son séjour à la maison.
Comme il a un taux d'incapacité qui s'élève à 85 %, il a droit à une allocation compensatrice tierce-personne qui s'élève à 50 %. Ce taux est apprécié en fonction de sa capacité à accomplir les gestes de la vie quotidienne et là, des personnes ad'hoc tentent de mettre des réponses à un questionnaire pré-établi pour évaluer ce taux....

Récemment, ma banque m'a proposé un « Contrat Rente Vermeil Plus »... Pour être ensemble et totalement indépendant quoi qu'il arrive... ce contrat m'a été proposé, bien sûr à cause de mon âge (54 ans), parce que la brochure de cette rente explique :
« aujourd'hui, nous vivons de plus en plus longtemps. En 100 ans, l'espérance de vie a doublé et le nombre de personnes « dépendantes » ne cesse de croître.
Même si l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) créée par les pouvoirs publics est appréciable, elle ne permet pas de conserver son autonomie...
S'en suit un discours sur la dépendance qui est définie comme suit :
La dépendance se caractérise par l'impossibilité d'effectuer seul certains des actes de la vie courante tels que :
- se laver,
- se déplacer,
- s'habiller,
- s'alimenter.
Cet imprimé m'a permis de mesurer combien mon fils de 28 ans, est dépendant et combien il est nécessaire qu'il vive dans son foyer, pour que son frère de 19 ans et moi, sa mère évitent la dépendance et l'assistanat.
Parce que ce rôle de tierce-personne, s'il n'avait un foyer, m'obligerait à démissionner de mon travail et « oublier » son frère (comme je l'ai fait un peu, beaucoup, énormément....) au décès de leur père.

Aujourd'hui, je travaille à temps partiel pour lui et son frère qui a encore besoin de moi. Je me dois d'être une tierce-personne à temps partiel, avant que moi-même, ne tombe dans la dépendance, un jour que je souhaite le plus lointain possible.
Lorsqu'il est dans son foyer, il ne perçoit pas cette allocation, car le foyer est, de fait, une structure adaptée pour son handicap. Dans ce cas, la tierce-personne, c'est le foyer.
Comment une structure aussi adaptée soit-elle, peut répondre aux besoins de 7 résidants grandement dépendants d'autrui ?

Sûrement parce qu'il y a toujours 2 personnes en permanence pour 7 résidants, que ces personnes sont qualifiées et font partie d'une équipe professionnelle.
Ces conditions sont exceptionnelles sur notre Département, mon fils est un privilégié qui coûte trop cher aux Pouvoirs Publics, ou plutôt, nos financeurs n'arrivent pas bien à lire comment l'argent public qui est reversé à l'association (toujours en retard sur le budget prévisionnel) est utilisé. A bon escient ou dilapidé ?.... Puisque d'autres associations font aussi bien avec moins (combien et lesquelles accueillent en si grand nombre ce type de résidants?) .....
Aussi bien avec moins, cela veut dire : autant de personnel, quelquefois un peu moins qualifié pour des groupes de 10 voire 12 ou 14 résidants....

Ce foyer s'appelle un Foyer d'Aide Médicalisé et les conditions de vie qui sont proposées à mon fils, lui permettent d'avoir une indépendance justifiée, compte tenu de son âge et en dépit de son lourd handicap.
Ce FAM se nomme l'Echappée, il est géré par l'Association Départementale du Rhône pour la Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence, vaste programme quand ces enfants et ces Adolescents présentent un lourd handicap mental, notamment sur le Rhône !

Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique qu'il est nécessaire que l'Echappée continue à fonctionner, comme elle le fait depuis 25 ans, sur les bases d'une réflexion autour du handicap de ses résidants.
Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique qu'il est bien regrettable et dommageable que d'autres associations s'occupant de résidants présentant les mêmes pathologies aient cédé aux pressions des pouvoirs publics en laissant penser qu'on pouvait faire aussi bien avec moins.
Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique, que j'ai du mal à lire les économies que font les pouvoirs publics sur le dos de nos enfants.
Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique, que je paye mes impôts et qu'il m'arrive de voter..... hélas pas mon fils.....
Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique, que mon fils est une petite entreprise à lui tout seul et non pas qu'un parasite : il consomme et fait travailler.
Je n'ai pas mauvaise conscience, ni honte de dire à l'opinion publique que j'en ai assez de cette société qui oublie l'humain au profit de la lisibilité de comptes mécaniques qui justifient une gestion comptable de nos fonds publics.

Je réclame le droit à une pluralité de réponses adaptées en terme de prise en charge des personnes autistes.
Je défends l'idée que les personnes souffrantes ont droit à une vie digne de ce nom.
J'ose prétendre que pour avoir accès à cette vie, il est nécessaire qu'elles vivent en petits groupes avec un accompagnement qualifié et en nombre suffisant.
Parce qu'une personne autiste a du mal avec les autres, et réclame une présence constante, je suis convaincue que son accompagnement en institution ne peut se faire de façon optimale qu'en petit groupe.
Je ne suis pas d'accord avec l'idée, que parce que l'on ne sait pas, s'il veut vivre en groupe qu'on puisse l'agglomèrer avec un nombre supérieur à 7..... cette idée signe une dérive actuelle.

Je déplore violemment le fait qu'une réflexion sur une prise en charge adaptée soit abandonnée au profit de technocrates comptables.
Je déplore violemment que devant un mur en béton, l'on s'arrête.
Je pense que ce mur est, au contraire, un précipice dans lequel nous nous engouffrons.
Non, il n'est pas possible de faire mieux avec moins.
Non, il n'est pas possible d'abandonner des idées d'accompagnement qui amènent un mieux vivre à des personnes lourdement handicapées et qui peuvent même les faire progresser.
Oui, nous devons nous battre pour les plus faibles.
Oui, notre société a un devoir de solidarité.
Oui, le progrès et l'honneur d'une démocratie se mesure à la manière dont elle traite les plus fragiles.



Françoise Fourmestraux
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# Posté le mercredi 31 mai 2006 13:34

*** Prochaine action : 13 Juin 2006***

Le 13 juin 2006, une action va être menée pour lutter pour la dignité des usagers et des salariés de la Sauvegarde du Rhône.



Déroulement de la journée :


- rassemblement à la Bourse du Travail pour un temps d'échange sur les divers problèmes actuels présents dans les différents établissements de la Sauvegarde,

- mobilisation devant les locaux de la Sauvegarde de l'Enfance,


Chaque salarié choisira de se mettre en grève ou de "débrayer" pendant quelques heures.
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# Posté le lundi 05 juin 2006 16:51

*** Tract de la journée du 13 Juin 2006***

Journée du 13 Juin



Pour la dignité des usagers et des salariés
de la Sauvegarde du Rhône


Retrouvons-nous !



Les représentants des salariés de la Sauvegarde du Rhône font le constat d'une grave dégradation des conditions de travail, dans la plupart des établissements et services de l'association.

Bien entendu, les dépenses publiques sont aujourd'hui très mal vues, de même que l'assistanat auquel certains assimilent nos emplois. Le soutien des plus faibles n'est pas dans une période favorable, tandis que seuls le profit et la production de richesses sont à l'honneur. Dans un monde où trop de personnes souffrent d'exclusion, de chômage ou de faibles salaires, la souffrance et la dépendance des plus faibles tend à se dissoudre dans un mal être général.

Il semble cependant nécessaire de tirer la sonnette d'alarme pour la défense des personnes dont nous nous occupons et pour nous-mêmes, salariés.

Dans cette situation générale déplorable, la Sauvegarde du Rhône présente des difficultés qui lui sont propres et qui accentuent la lourdeur ambiante.

Les associations de notre secteur semblaient les plus aptes à défendre la cause des plus faibles auprès des politiques et des fonctionnaires. Sans doute cela reste-t-il vrai pour des petites associations militantes.
Mais, ce n'est plus vrai pour la Sauvegarde du Rhône. Son activité s'est réduite à la gestion d'une pénurie orchestrée par les choix libéraux de nos gouvernants. Le seul moteur de la Sauvegarde : c'est la peur, peur de n'avoir plus de fonds propres, peur de devoir mettre la clef sous la porte, peur d'affronter les politiques, peur d'abîmer son image. L'association est devenue le simple relais de financeurs qui jouent avec elle au chat et à la souris. Les présidents se suivent et la défense des personnes cède chaque fois le pas à la soumission aux exigences des financeurs.

Dans les internats pour handicapés, partout il a fallu accepter des réductions de moyens, la concentration des résidents et de lourdes augmentations d'effectifs dans les groupes. C'est ce qui est exigé depuis trop d'années à la Cerisaie, au Reynard et à l'Echappée, malgré l'engagement de collectifs de familles.
C'est désormais sans aucun fard que la direction générale impose et parfois anticipe les choix comptables des tutelles avec un total mépris des projets des professionnels.

Au service d'AEMO, la restructuration a été menée tambour battant au mépris d'une réelle concertation avec les personnels de base, garants jusqu'alors de l'élaboration de leurs pratiques professionnelles au sein de leur équipe.

La confiance tend à se rompre entre les salariés et une association qui ne joue plus la transparence dans la plupart de ses actions. A l'heure où le président de l'association semble décidé à mener son monde comme un capitaine d'industrie, l'absence des associatifs au Comité d'Entreprise en dit long sur le manque de considération du personnel et sur le manque de concertation.

Pour contenir toute grogne, notamment sur les projets éducatifs, l'employeur n'hésite plus à utiliser l'intimidation : sanctions lettres et avertissements pleuvent ici et là. Seul un collectif salarial fort peut résister à ces brimades individuelles.

Le moment est venu de réagir !

Chaque salarié est convié à :

Une assemblée générale du personnel de la Sauvegarde, Mardi 13 Juin, de 13 heures à 16 heures, à la Bourse du Travail (salle des Congrès - 1er étage).

pour échanger sur les difficultés de nos établissements et rédiger une liste commune de doléances.
Il nous faut dépasser l'effet de sidération que produit chez chacun d'entre nous ce nouveau système autoritaire, destiné à rétrécir notre espace de pensée.
Nous nous devons d'inventer un esprit collectif de résistance, pour conserver partout la qualité de notre travail.

Afin que chacun puisse être présent à cette réunion :

un préavis de grève sera déposé pour la journée.
Chaque salarié informera sa direction de ses heures de débrayage.


A 16 heures, nous irons à l'issue de cette assemblée manifester notre mécontentement et porter nos revendications devant le Siège de la Sauvegarde (16, rue Nicolaï - Lyon 7ème). Nous enverrons également des motions aux organismes financeurs.



CFDT Collectif de salariés non syndiqués CGT

# Posté le lundi 05 juin 2006 17:02

*** Un dossier de presse comme base à la journée d'action du 13 juin 2006...***

Si vous souhaitez recevoir ce dossier de presse, contactez-nous ...




Dossier de Presse

des salariés de la Sauvegarde de l'Enfance et de l'adolescence du Rhône







Ci-joint :

- Lettre aux journalistes

- Historique de la Sauvegarde (A.D.S.E.A.)

- Etablissements et Services de la Sauvegarde

- tract pour l'action du 13 Juin



Pour nous joindre durant la journée du 13 Juin (ou avant), appelez-nous aux numéros suivants :

06 18 53 02 12

06 78 69 69 69

06 89 93 50 75
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# Posté le mercredi 07 juin 2006 17:08

Modifié le mercredi 07 juin 2006 17:39